Grenoble détrône Nantes
En matière d'accessibilité du cadre de vie, les bons élèves sont les centres commerciaux, les bureaux de poste, les cinémas et les piscines. Parmi les points négatifs, ce sont toujours les commerces de proximité, les cabinets médicaux et paramédicaux "qui continuent d'être des préoccupations plus que prégnantes à moins de deux ans de l'échéance de 2015". La France "possède l'un des meilleurs systèmes de santé au monde, mais celui-ci demeure inaccessible aux personnes en situation de handicap"; ironise ainsi l'APF. Qui rappelle que "le libre choix de son médecin traitant, de son ophtalmologiste, de son gynécologue ou dentiste, n'existe pas pour les personnes en situation de handicap" et que le premier critère de choix "s'effectue en premier lieu en fonction du degré d'accessibilité de l'établissement, et non en fonction des compétences du professionnel". Cette "anomalie surréaliste" se conjugue en plus aux coûts croissants que génèrent les frais de santé ; l'APF réclame une étude plus précise qui "permettrait d'objectiver la propension structurelle des refus de soins liés à l'inaccessibilité des cabinets médicaux et paramédicaux".
2015 : l'échéance incontournable
En tout état de cause, l'APF reste très mobilisée pour que l'objectif d'une France accessible soit respecté au 1er janvier 2015. L'association est particulièrement attentive au rapport que la sénatrice Claire-Lise Campion doit remettre, dans les jours qui viennent, au Premier ministre. La mission a été chargée de proposer des mesures qui permettraient de garantir l'accessibilité tout en prenant en compte la réalité des contraintes. Un précédent rapport, réalisé en octobre 2011, et rendu public par le gouvernement en septembre dernier, proposait d'introduire des "objectifs intermédiaires d'accessibilité" pour 2015. L'APF rappelle que l'accessibilité "n'est ni divisible, ni négociable et que c'est une obligation nationale depuis 1975 !" Après trois lois sur l'accessibilité (1975, 1991 et 2005), et presque 38 ans d'attente, "il ne s'agit plus de savoir si la société française sera ou non au rendez-vous de 2015" : pour l'APF, c'est un "impératif". Elle juge désormais "urgent de mettre en oeuvre l'impulsion politique nécessaire qui permettra aux 10 millions de personnes en situation de handicap et leur famille de circuler librement, comme tout un chacun".
Un "bonus/malus"
Entres autres propositions, l'association suggère d'organiser un dispositif de financement "bonus/malus" destiné aux collectivités
territoriales et aux maîtres d'ouvrage privés et d'introduire le principe de la conditionnalité de l'accessibilité (si des moyens budgétaires supplémentaires ne peuvent être dégagés) pour toutes les dotations d'Etat (par exemple, la DGE et la DGF pour les collectivités territoriales), les acteurs privés (à travers des dispositifs d'incitations-sanctions de nature budgétaire ou fiscale), et toutes les subventions publiques à une échelle continentale (à l'instar des modalités d'octroi du Fonds social européen).
Source : TSA
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