CAFERUIS

Regroupe des cours (IRTS Rennes 2009-2010), des infos, des épreuves de GAB, de management, etc. en lien avec la formation Caferuis


Stratégie et partenariat

Préambule

 

§   Comment bien intégrer son service dans son environnement ?

§   Comment développer des synergies, des complémentarités ?

§   Comment offrir un meilleur service à sa population ?

§   Comment faire de son service un acteur local ?

§   Comment mettre en place le partenariat ?

§   Comment le négocier ?

§   Comment l’évaluer ? (Toute action devant l’être)

 

Stratégies de développement et partenariat car toute structure quel quelle soit doit avoir un projet, c'est-à-dire une description détaillée de ce que l’on veut être dans quelques années, donc les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. Mieux répondre aux attentes et aux besoins de ceux dont on a la charge. Mieux répondre aux demandes de nos prescripteurs, de nos financeurs.

C’est vouloir promouvoir une idée et la mettre en œuvre. C’est essayer de rendre visible nos finalités.

Tout ça implique la volonté de se développer, de se transformer. Pas de projet _ immobilisme, mort lente.

Les besoins des usagers se modifient, l’environnement évolue, nos structures se professionnalisent toujours plus et nos métiers se transforment. L’ensemble de ces changements fait que les réponses à apporter à la population prise en charge ne cessent de se différencier.

Cela induit une spécialisation à outrance des structures qui répondent, ce qui implique l’ardente obligation du projet.

Dans un monde qui se bouleverse le partenariat, autrement dit, est une forme de réponse aux besoins de changement, d’évolution.

Tout projet impliquera à un moment ou à un autre la recherche d’un ou plusieurs partenaires.

 

Quelques concepts, quelques définitions

 

Ces définitions sont un choix de l’intervenant. Toute définition est, par essence, plusieurs. Le choix fait partie de la fonction de cadre.

Economie :   Science qui a pour objet la connaissance des phénomènes de production, de distribution et la consommation de richesses, des biens matériels ou immatériels. Tout ce qui est économique doit pouvoir être échangé. Il n’y a d’acte d’économie que si il y a échange. Tout acte d’échange se traduit par un prix avec éventuellement des modalités différentes (du troc à la monétique).

 

Développement : Action de donner toute son étendue à quelqu’un ou quelque chose. Contrairement à l’évidence cela n’implique pas obligatoirement une idée de croissance, d’agrandissement de son volume d’activité. Mais aussi et surtout de bien couvrir toutes ses fonctions, de bien utiliser toutes ses ressources, tous ses moyens humains et matériels. Bien couvrir tout son terrain d’action. Donc pour nous notre espace de décision.

 

Contrat :   Acte écrit, formalisé entre un ou plusieurs acteurs  et qui précise le projet poursuivi en commun, sa finalité, ses buts, ses objectifs, les moyens à y consacrer, la procédure d’évaluation. Acte qui engage ceux qui le signent car il précise ce que chaque acteur y apporte et ce qu’il est en droit d’espérer en retirer pour sa population, pas pour lui-même.

 

Projet :   Enoncé définissant de manière la plus exhaustive possible les intentions poursuivies soit en tant qu’institution, soit en tant que groupe, soit individuellement à travers un programme ou une action. C’est une orientation qui donne du sens. Ca implique une gestion du temps donc un calendrier avec des échéances pour mettre en œuvre, un coût donc un budget, des périodes régulières d’évaluation donc des ajustements possible. Un projet quel q’il soit inclut le risque de l’échec donc pouvoir prendre en compte des scénarios alternatifs intermédiaires.

               Un projet n’est utile que si il est réellement mis en pratique.

 

Stratégie :    C’est la recherche permanente de la meilleure adéquation possible entre les ressources dont on dispose (elles peuvent être internes) et les résultats souhaités. C’est la somme ou l’ensemble des choix réalisés aujourd’hui pour préparer l’avenir. Ces choix portent sur les objectifs, les investissements, les méthodes de fonctionnement. Il s’agit donc d’obtenir le maximum de cohérence entre le réel et ce qu’elles devraient être à l’aboutissement de l’action.

 

Réseau :   Ensemble d’acteurs et d’inter connexions variées qui permettent l’échange de flux d’informations, de flux de ressources. La différence entre réseau et partenariat est que le réseau reste dans l’informel.

 

Partenariat :   Une forme d’alliance entre plusieurs personnes ou plusieurs institutions pour être quelque chose mais aussi, bien souvent, pour être quelqu’un ou quelque chose. Et enfin de temps en temps pour réaliser ou construire une œuvre commune (ne jamais négliger les 2 premières formes). Dans la 3ème hypothèse c’est une forme de mise en commun de moyens entre plusieurs acteurs pour mettre en œuvre un projet écrit en vue de fournir une ou des réponses nouvelles à une population ciblée sur un territoire géographique prédéterminé pendant un laps de temps donné.

                        Il n’y a pas de partenariat à long terme. Il y a une notion de temps.

                              Recherche en action de convergences d’intérêt avec d’autres. Ce terme traduit les interdépendances formalisées en un projet commun. C’est le partage d’un espace de décisions négociées. Cela nécessite une mobilisation et une gestion concertée des ressources. Il implique une capacité d’initiatives de chacun, la liberté d’aller ou de quitter le partenariat (différent de l’absorption ou de la recherche de la disparition des autres acteurs). Il désigne une forme qui peut être souple si elle est contractualisée et temporaire d’organisation choisie en commun.

                              Pour résumer il peut se définir comme un rapport complémentaire mais équitable entre parties différentes. Il se concrétise dans un accord de collaboration mutuelle entre des acteurs travaillant à réaliser leurs intérêts propres et leurs missions respectives, tout en essayant de résoudre des problèmes communs ou d’apporter des réponses nouvelles à une population ciblée appartenant à un territoire géographique donné.

 

 

 

Comment analyser son environnement ?

 

2 outils pour aider, à utiliser en complément l’un de l’autre

1) Grille de questions à se poser

 

            1) Quelle est la finalité de notre institution ou service ?

            2) Quels sont nos métiers ?

            3) Quel est notre marché, notre population cible ?

            4) Quels sont les objectifs prioritaires assignés par notre hiérarchie ?

            5) Comment en tant que cadre les traduisons nous ?

            6) Quels sont nos propres objectifs ?

            7) Quel est le positionnement de notre institution sur le marché ?

            8) Y a-t-il une concurrence interne ou externe ?

            9) Quelle est notre zone géographique d’intervention ?

            10) Quelles sont les commandes de nos prescripteurs et/ou de nos financeurs ?

            11) Quels sont les autres acteurs existants sur le terrain ?

            12) Pour quelles raisons objectives pourrions nous travailler avec eux ?

            13) Pour quelles raisons objectives pourraient-ils travailler avec nous ?

            14) Parmi tous ces gens là quels sont les alliés potentiels ?

 

2) La cible

 

Schémas

Autour de la cible sont positionnés tous ceux avec qui l’ACEVA (association de CE) pourraient être en relation.

1ère étape : les nommer en les plaçant à l’extérieur

2ème étape : les placer sur la cible, plus ils sont loin du centre, plus ils sont proches de l’ACEVA.

3ème étape : la situation idéale. C’est l’écart entre les schémas qui permet de voir où il faut porter nos efforts pour trouver de nouveaux partenaires ou développer de nouvelles modalités de rapprochement avec eux.

4ème étape : travailler sur l’entre deux.

 

En tant que cadre il est impératif de prendre tous les jours un temps de prise de recul.
Le cadre a un rôle de veille important, ici veille par rapport à l’environnement.

 

Conditions préalables au partenariat

 

Internes :

 

§   Elaboration d’un projet par rapport à la population, sachant que dans un projet il peut n’y avoir qu’une partie du projet qui aura besoin d’un partenariat.

§   Vérifier les compétences existantes en interne (compétences = capacités de faire). Tant qu’on n’a pas vérifié que quelqu’un est capable de faire quelque chose cela reste une capacité à, non vérifié. Vérifier en tant que cadre que le maximum de capacité soit transformé en compétence. Ca permet de repérer les manques.

§   Vérification préalable du degré d’acceptation du partenariat

§   Clarté du message que l’on veut faire passer. Si je veux travailler avec d’autres en partenariat est ce une question d’image ? Est-ce par obligation ? Est-ce par choix politique ? Est-ce parce que je n’ai pas les capacités en interne ?

§   Réalisme pragmatique. Objectifs quantifiables repérables, ayant une chance d’être atteints. Etre modeste : j’accepte de relativiser ma place et celle de mon institution. J’accepte que les partenaires soient aussi en harmonie avec leurs propres objectifs, buts et finalité. Que les leurs ne soient pas exactement les mêmes que les miens.

§   Chaque partenaire doit s’y retrouver, et y trouver de l’intérêt. On est dans une logique gagnant gagnant.

 

Externes :

 

1)      Existence d’une population ciblée avec des problématiques connues.

2)      Un territoire ciblé.

3)      La connaissance de son environnement.

4)      La connaissance des réseaux et de leurs jeux respectifs (histoire locale, alliance préexistante, rapport de force)

5)      Connaissance des demandes des prescripteurs, des financeurs

6)      Existence d’une fonction de veille, donc la volonté de regarder autour de soi.

 

A l’issu de ce travail on a 4 possibilités

1° Mener l’action seul (sans partenariat)

2°  Partenariat en étant l’initiateur

3° Partenariat en répondant à une proposition

4° Partenariat contraint = Au choix du prescripteur

 

Quand on est sur un projet lourd il faut un contact individuel préalable relativement informel. Vérifier le positionnement hiérarchique des gens présents à une réunion. Ne pas se retrouver avec des personnes qui nous sont supérieurement hiérarchiques. Si on s’aperçoit que c’est le cas demander à notre directeur de venir à la première réunion et de la mener (même si on a fait tout le travail avant pour en arriver là). Pour avoir une chance devoir aboutir un partenariat il faut que les niveaux hiérarchiques soient respectés.

Si on ne souhaite pas être le porteur du partenariat ne pas organiser la première réunion à domicile.

Arriver avec un projet à minima, accepter de le modifier sans que cela remette en cause le cœur du projet. Ne jamais acter à la première rencontre. Mêmes quand les partenaires ne travaillent pas tous en même temps, les conventions, les signatures, les discussions ont intérêt à être communes à tous.

 

Au minimum sur la contractualisation :

§      Valeurs communes, partagées. Ce qui fonde le pourquoi.

§      Enoncer le projet lui-même

§      Répartition des rôles

§      Phasage, calendrier

§      Moyens

§      Budget

§      Mode de régulation

§      Objet et méthode d’évaluation

 

Quand je suis dans la négociation je n’oublie pas d’intégrer et de faire intégrer à mes partenaires les risques d’échec, donc j’ai des scénarios de remplacement.

 

Une fois l’opération lancée, continuer à suivre le pilotage politique en tant que cadre. Si supérieur hiérarchique j’accepte de laisser ma place à mon supérieur pour les réunions.

Penser à intégrer dans le budget les coûts connus mais aussi les coûts cachés dans le budget. Le temps passé en aval, la préparation de la rencontre. C’est souvent une bagarre difficile de faire financer les coûts du partenariat mais si on ne l’intègre pas cela ne sera jamais pris en compte.

Mettre en place une stratégie c’est se donner les moyens de faire aboutir un projet, ce n’est pas forcément de la manipulation.

 

 

Evaluation du partenariat

 

Pas de partenariat sans évaluation.

Il faut intégrer, au minimum, efficacité, efficience et impact.

 

Efficacité : mesure des écarts entre les objectifs fixés et les objectifs atteints.

Efficience : mesure des écarts entre les ressources qu’il a fallu mettre en œuvre et les résultats obtenus (retour sur investissement).

Impact : mesure des effets résultants de l’action sur l’environnement.

 

Faire d’abord en interne son propre bilan, avant de faire le bilan avec ses partenaires ? Ces réunions de bilan sont prévues dès le départ. Sur des actions lourdes ou longues faire des bilans intermédiaires.

L’évaluation n’est pas le temps de la reconduction. Il faut laisser le temps à chacun de voir ce qu’il fait après son bilan avant de décider de la suite à donner au partenariat.

 

Conclusion

 

Partenaire est un vieux mot, partenariat apparaît en 1984. Il est apparu au moment de la territorialisation des politiques publiques.

Le partenariat peut nous redonner des marges de manœuvre et donc desserrer l’étau des contraintes.

C’est aussi la preuve d’un organisme vivant et la volonté d’être un acteur du développement local sur un territoire.

Cela implique d’avoir des valeurs fortement affirmées, de respecter les autres acteurs, cela implique d’admettre ou de sous entendre que chacun doit s’y retrouver tant dans la participation que dans les résultats. Quand on veut travailler à plusieurs tout doit être partagé.

Le partenariat c’est un antidote à l’usure professionnelle, ça permet au personnel d’aller voir ailleurs et donc de découvrir d’autres pratiques.

C’est aussi un atout pour combattre les résistances au changement, voire introduire une culture du changement.

 

 

 

 

 

 

 

Etre cadre aujourd’hui :

 

§      Choisir

 

§      Occuper tout son espace de décision

 

§      Etre stratège

 

§      Assurer une veille

 

§      Savoir être « porteur de valise »

 

§      Savoir porter la culture du changement