© Denis Charlet / AFP François Hollande, le 25 janvier à Lille, pour clore le 31e congrès de l'Uniopss Ils étaient pas peu fiers, les responsables de l'Uniopss, d'accueilllir, en clôture de leur 31e congrès, le Président de la République. Dans l'histoire, déjà longue, de l'organisation, c'était une première ! Elle méritait donc d'être saluée à sa juste valeur. Voilà pourquoi, même si François Hollande a annoncé peu de choses que l'on ne savait déjà, son allocution d'une bonne trentaine de minutes a été longuement applaudie par les congressistes qui sont repartis aux quatre coins de la France avec du baume au coeur, se sentant davantage reconnus par la République.
Innovation sociale
En matière de compliments, il faut dire que l'actuel Président sait y faire. Considérant que l'Uniopss comptait un million de salariés et un million de bénévoles (il s'agit en fait de la comptabilisation de toutes les statistiques des fédérations adhérentes à cette union), il a salué "l'organisation la plus importante du champ social" dont l'histoire est celle de "l'innovation sociale". Non sans malice, il a rappelé qu'il s'était engagé, pendant sa campagne, à se rendre au congrès de l'Uniopss. "J'ai respecté au moins une de mes promesses", a-t-il lancé en ouverture, en réponse au discours d'accueil de Dominique Balmary, le président de l'Uniopss. Lequel avait insisté, pour s'en féliciter, du "changement important dans le discours gouvernemental sur la pauvreté", de la reprise de la proposition du collectif Alerte d'un plan pluriannuel de lutte contre celle-ci (même s'il a regretté que les mesures soient surtout tournées vers l'urgence). Mais le président de l'Uniopss a également pointé quelques éléments d'inquiétudes, notamment en matière d'emplois, notant une stabilisation des effectifs, après des années d'augmentation, et même des destructions d'emplois dans l'aide à domicile. Des questions restées sans réponse...
S'attaquer au sur-endettement
Après cet hommage à l'organisation, le Président de la République a brossé un tableau des grands dossiers de l'action sociale et médico-sociale. Bien entendu, il est revenu longuement sur le plan anti-pauvreté qui avait été dévoilé cinq jours plus tôt par le Premier ministre. Sur l'endettement des ménages, il a indiqué qu'un projet de loi serait déposé "dans les prochaines semaines" pour encadrer davantage le recours aux prêts à la consommation. Celui-ci devrait prévoir la création d'un registre national permettant de connaître la situation d'endettement des candidats à un prêt et un observatoire pourrait également voir le jour.
Les CAF mobilisées face au non-recours
Rappelant sa priorité absolue pour la jeunesse, il a mis en avant la garantie jeunes qui devrait être expérimentée, avant d'être généralisée, sur dix territoires. En présence de Cécile Duflot (mais également de Mmes Delaunay, Carlotti et Bertinotti), le chef de l'Etat a aussi insisté sur la garantie universelle des risques locatifs que propose le plan anti-pauvreté. Mais, il ne suffit pas de faire ; il faut "faire connaître les différents dispositifs" afin de répondre au défi massif du non-recours. Les caisses d'allocations familiales devraient proposer des rendez-vous aux personnes les plus fragiles pour leur proposer "le juste droit". Il s'agirait d'aller au-devant de populations qui, par ignorance et/ou par peur, ne sont pas aidées comme elles pourraient l'être. Le Président n'a pas manqué de saluer le "dévouement" des travailleurs sociaux à qui la République doit de la "gratitude". Il a indiqué, faisant référence aux "Etats généraux du travail social" (le plan évoque des "assises de l'intervention sociale") annoncé par Jean-Marc Ayrault, qu'il convenait de "mieux définir les modes d'intervention, mais aussi les carrières et les formations."
Flou sur la question de l'accessibilité
En matière de handicap, le chef de l'Etat a confirmé que le département verrait ses compétences renforcées en la matière dans le cadre de l'acte III de la décentralisation. Sur l'accessibilité, le propos est resté assez flou. S'appuyant sur un rapport rédigé du temps du précédent gouvernement et sorti du placard par l'actuel, François Hollande a indiqué que l'objectif d'une mise en accessibilité des bâtiments publics pour 2015 serait "difficile à respecter", mais qu'il fallait "garder cette perspective". Il y a fort à parier qu'un report de l'échéance sera proposé par l'exécutif, peut-être lors du prochain comité interministériel.
Le chef de l'Etat a également cité la question de la scolarisation des enfants handicapés et celle du vieillissement des adultes handicapés. Sur l'autisme, il s'est fait plus explicite en indiquant qu'il fallait "favoriser de nouvelles approches thérapeutiques et ouvrir davantage d'établissements". "La place des autistes n'est pas dans les hôpitaux psychiatriques", a-t-il précisé.
Dépendance : une réforme étalée sur 3-4 ans
Le troisième grand sujet, autour de la dépendance, était sans doute le plus attendu. L'absence de Michèle Delaunay, la veille à un colloque de la Fnadepa, laissait penser qu'il était prévu de réserver les annonces au chef de l'Etat. Sur ce plan-là, l'auditoire lillois n'en a pas eu forcément pour son argent. Certes, les mots ont été assez nets sur le diagnostic d'une situation non tenable. Du fait des coûts, "de nombreuses familles renoncent à placer leur parent en établissement. La solidarité familiale ne doit pas être poussée à l'extrême." Il s'est également inquiété des disparités entre départements par rapport aux remboursements sur succession. Voilà pourquoi la réforme tant annoncée et toujours différée, devrait voir le jour fin 2013, suite à une longue phase de concertation. Sauf que sa mise en oeuvre va se faire de façon très progressive, avec "un étalement tout au long du quinquennat", a-t-il précisé, sans indiquer le mode de financement. La volonté d'avancer sur ce terrain tant attendu des familles et des professionnels semble ferme ; les moyens pour y arriver plus "flottants", en tout cas pour l'instant.
Source : TSA
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