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L'ANAS identifie les freins et les leviers à l'accueil des stagiaires en alternance

Publié par Admin sur 14 Février 2012, 09:13am

Catégories : #Infos

L'alternance intégrative permet d'apprendre ce qui ne s'enseigne pas en formation et qui pourtant constitue une partie essentielle de la compétence : l'expérience", rappelle l'Association nationale des assistants de service social (ANAS), qui a rendu publique une étude menée auprès des professionnels "pour repérer les freins rencontrés sur le terrain et les leviers à mobiliser" en vue de faire progresser l'accueil des stagiaires en formations sociales.
"Malgré les obstacles évoqués, les professionnels ayant répondu au questionnaire accueillent dans leur grande majorité des stagiaires", constate d'ailleurs en premier lieu l'ANAS, dont la commission "Formation" a réalisé cette enquête en mai et juin 2011 auprès de 139 professionnels.

 

Une activité à part entière


Ce constat témoigne, selon l'organisation, "de l'importance que revêt pour la profession l'apprentissage du métier par l'expérimentation pratique et l'implication des assistants de service social dans la mission de formation de leurs futurs collègues".
De fait, les AS en fonction considèrent cette tâche "comme une activité à part entière de l'exercice professionnel", note-t-elle encore, en soulignant que cet état de fait "est d'ailleurs confirmé par la réforme de 2004 du DEASS qui en fait l'une des fonctions du référentiel".
Le taux de réponse des professionnels sollicités par l'organisation pour remplir son questionnaire montre en effet "que la profession porte un intérêt tout particulier aux conditions de l'alternance intégrative et que ses revendications légitimes doivent être portées au devant des pouvoirs publics, des institutions et des centres de formations", insiste l'ANAS.

 

La réforme de 2004 reste floue


L'organisation se sent ainsi "interpellée directement pour jouer le rôle de catalyseur de la parole du terrain sur un enjeu majeur pour la profession en matière de formation des futurs AS".
De l'analyse des résultats de ce travail d'enquête, émergent ainsi toute une série de constats détaillés par l'organisation professionnelle, à commencer par le fait que "la réforme du DEASS de 2004 et la notion de site qualifiant restent encore floues".
Pas moins d'un assistant de service social sur trois n'a pas une bonne connaissance de cette rénovation du diplôme, avance en effet l'ANAS, ni d'un protocole ou d'une charte formalisée pour l'accueil des stagiaires.

 

Un manque de reconnaissance


Plusieurs difficultés restent en outre identifiées, comme le manque de moyens, en termes de conditions matérielles satisfaisantes (problème de locaux, manque d'espace) ou de temps disponible, en lien avec "la surcharge de travail".
A cet égard, la motivation des professionnels des terrains de stage souffre aussi d'un manque de reconnaissance des efforts consentis dans ce cadre.
Autre obstacle mis en avant : le partenariat professionnels-site qualifiant-centre de formation est une réalité pour moins d'un tiers des travailleurs sociaux concernés : pour 42 % des AS interrogés, ce n'est pas le cas, et pour 34 %, ça l'est seulement en partie. A peine plus d'un professionnel sur cinq (22 %) juge donc que cette réalité est effective, certains déplorant même "un manque de co-construction entre les acteurs de la formation".

 

La gratification reste un frein


Quant à la gratification des stagiaires, elle "reste un frein à l'accueil de stagiaires pour certains sites qualifiants", constate l'ANAS, qui met cependant l'accent sur les apports du stage dans la transmission du savoir-être et du savoir-faire, de la relation d'aide, du travail en équipe, du partenariat, du travail en réseau, du sens apporté aux apprentissages théoriques ou enfin de "la prise de conscience des limites de l'intervention de l'AS, en fonction de l'institution d'exercice".
Et à l'inverse, l'accueil de stagiaires constitue également "un bénéfice pour le formateur et le site qualifiant", qui accepte ainsi "un regard extérieur, un point de vue neuf sur sa pratique".
D'ailleurs, en pratique, "les AS continuent à accueillir des stagiaires malgré des conditions d'exercice du métier difficiles (charge de travail et responsabilités, manque de reconnaissance, délitement des solidarités professionnelles)", dénotant l'attachement des professionnels à ce mode de formation.

 

Créer un statut de formateur de terrain


Pour redonner de l'élan à l'accueil des stagiaires et dépasser les obstacles, l'ANAS préconise donc, en s'appuyant sur les demandes enregistrées au cours de son enquête, de diminuer la charge de travail des formateurs sur les sites qualifiants et de dispenser à leur intention une formation spécifique, un accompagnement et une supervision du travail effectué avec les stagiaires.
La reconnaissance de cette tâche pourrait aussi passer par la "création d'un statut qui donnerait un niveau de certification ou de diplôme" et par la "prise en compte de la compétence pédagogique dans les évaluations et bilans écrits de fin d'année".
Pour améliorer les relations entre les centres de formation, les formateurs sur le terrain et les sites qualifiants, l'organisation recommande d'avancer sur la charte et la notion de site qualifiant, mais aussi d'envisager un soutien spécifique aux très jeunes étudiants par le centre de formation et de sensibiliser les futurs professionnels à l'accueil de stagiaires. Ce dernier doit enfin constituer un projet d'équipe, réfléchi en commun.

 
Source : La lettre d'info du site ASH n°632

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