Réalisée par le bureau d'études Geste, l'étude sur les directeurs d'établissements et services sociaux et médico-sociaux était fort attendue. Car elle intervient cinq années après le décret du 19 février 2007 - pris en application de la loi 2002-2 - qui "standardise" le niveau de qualification requis pour l'accès aux fonctions de direction dans certains établissements. Il est désormais de niveau II ou I pour les grosses structures et III pour les petites.
Le privé non lucratif dominant
Que ressort-il de cette enquête de terrain ? Celle-ci a été renseignée de façon complète par 2165 directeurs (ce qui représente 3378 établissements), soit un peu moins de 10 % de l'effectif total concerné. On notera également que la population répondante n'est pas totalement représentative des diverses catégories de structures telles que recensées dans le fichier national des établissements sanitaires et sociaux (Finess). En effet, les Ehpad sont surreprésentés alors que les responsables de services d'aide à domicile se sont peu manifestés (seulement 128 réponses). On ne sera par ailleurs pas surpris d'apprendre que 70% des directeurs répondants travaillent dans le privé non lucratif (largement devant la "territoriale" avec 17 % et le privé lucratif avec 10 %).
Un sur deux a plus de 50 ans
Alors qui sont ces directeurs ? Ce sont majoritairement des directrices (51 %), marquant une poussée sensible par rapport à 2005 (46 %). Cette légère "domination" est liée essentiellement à leur poids dans le secteur personnes âgées (61 % de femmes) alors qu'elles sont encore largement minoritaires dans le champ du handicap et de la protection de l'enfance qui reste le bastion des hommes dans une proportion des deux tiers. On notera également qu'un directeur sur deux a plus de 50 ans et que l'âge moyen a augmenté depuis la dernière étude en 2005.
L'examen de leur parcours professionnel fait apparaître un ancrage déjà fort dans le social ou médico-social : presque trois fois sur quatre, ils y travaillent depuis plus de 10 ans (simplement 7 % depuis moins de 3 ans). En revanche, leur présence à ce poste de direction remonte une fois sur deux à moins de trois ans (et une fois sur cinq à plus de dix ans). Là encore, de grandes disparités selon les secteurs apparaissent. En protection de l'enfance, seuls 6 % des directeurs travaillent dans le social ou le médico-social depuis moins de dix ans alors qu'ils sont un tiers dans le secteur des personnes âgées.
Plus de la moitié des directeurs de niveau I
Venons-en à l'objet de l'étude : la qualification des directeurs. Le niveau I (bac + 5) est la règle pour 56 % d'entre eux. C'était le cas pour un tiers en 2005. Inversement, les directeurs ayant au plus bac +2 (niveaux III, IV ou V) qui représentaient près de la moitié des effectifs voici sept ans, n'en constituent plus que 15 %. Le secteur des personnes âgées se différencie une fois encore: la proportion des personnes en niveau I est de 50 % (contre 74 % pour les adultes handicapés). De façon assez logique, la proportion de directeurs diplômés diminue à mesure que leur âge avance. Chez les moins de 30 ans, elle est de 82 % alors qu'elle flirte avec la barre des 50 % pour les plus de 55 ans.
La formation continue privilégiée
Comme la pyramide des âges le laisse supposer (puisque elle n'est pas très jeune), l'amélioration de la qualification est surtout le fruit d'un effort de formation continue. Dans 56 % des cas, le diplôme a été obtenu par cette voie (contre 39 % par la formation initiale). Là encore, des différences se font sentir selon les secteurs : pour les personnes âgées, les deux voies (formation initiale et continue) sont à peu près équivalentes ; dans le handicap et la protection de l'enfance, la formation continue constitue une voie deux à quatre fois plus usitée. En termes d'intitulé du diplôme le plus élevé, la gestion et le management sortent clairement du lot (42 %), loin devant le social (17 %), le droit, l'économie ou les sciences politiques (13 %)... Cette spécialisation vient compléter deux fois sur trois une formation originelle dans le social ou médico-social : les diplômes de niveau III, le Cafdes et les masters sont le plus souvent cités.
Le statut des établissements n'est pas indifférent quant au niveau de qualification de ses directeurs. Le privé non lucratif (suivi de peu par le lucratif) est le plus exigeant à cet égard alors que la "territoriale" compte plus de directeurs de niveau II que de niveau I. A noter que 38 % des directeurs affirment avoir suivi une formation complémentaire non diplômante lors de leur premier poste, notamment en gestion/comptabilité, management, etc.
Un impact concret dans un cas sur quatre
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