CAFERUIS

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Qualification des directeurs (1ière partie) : état des lieux

Publié par Admin sur 18 Avril 2012, 07:54am

Catégories : #Infos

Commanditée par la DGCS, une vaste étude mesure les changements, depuis 2005, dans le profil des directeurs d'établissements et services et les stratégies des structures pour intégrer les conditions posées par le décret de 2007. Premier volet aujourd'hui avec la photographie des directeurs. Où il apparait que le niveau de qualification a fortement progressé...

Réalisée par le bureau d'études Geste, l'étude sur les directeurs d'établissements et services sociaux et médico-sociaux était fort attendue. Car elle intervient cinq années après le décret du 19 février 2007 - pris en application de la loi 2002-2 - qui "standardise" le niveau de qualification requis pour l'accès aux fonctions de direction dans certains établissements. Il est désormais de niveau II ou I pour les grosses structures et III pour les petites.  


Le privé non lucratif dominant


Que ressort-il de cette enquête de terrain ? Celle-ci a été renseignée de façon complète par 2165 directeurs (ce qui représente 3378 établissements), soit un peu moins de 10 % de l'effectif total concerné. On notera également que la population répondante n'est pas totalement représentative des diverses catégories de structures telles que recensées dans le fichier national des établissements sanitaires et sociaux (Finess). En effet, les Ehpad sont surreprésentés alors que les responsables de services d'aide à domicile se sont peu manifestés (seulement 128 réponses). On ne sera par ailleurs pas surpris d'apprendre que 70% des directeurs répondants travaillent dans le privé non lucratif (largement devant la "territoriale" avec 17 % et le privé lucratif avec 10 %). 


Un sur deux a plus de 50 ans


Alors qui sont ces directeurs ? Ce sont majoritairement des directrices (51 %), marquant une poussée sensible par rapport à 2005 (46 %). Cette légère "domination" est liée essentiellement à leur poids dans le secteur personnes âgées (61 % de femmes) alors qu'elles sont encore largement minoritaires dans le champ du handicap et de la protection de l'enfance qui reste le bastion des hommes dans une proportion des deux tiers. On notera également qu'un directeur sur deux a plus de 50 ans et que l'âge moyen a augmenté depuis la dernière étude en 2005.   


L'examen de leur parcours professionnel fait apparaître un ancrage déjà fort dans le social ou médico-social : presque trois fois sur quatre, ils y travaillent depuis plus de 10 ans (simplement 7 % depuis moins de 3 ans). En revanche, leur présence à ce poste de direction remonte une fois sur deux à moins de trois ans (et une fois sur cinq à plus de dix ans). Là encore, de grandes disparités selon les secteurs apparaissent. En protection de l'enfance, seuls 6 % des directeurs travaillent dans le social ou le médico-social depuis moins de dix ans alors qu'ils sont un tiers dans le secteur des personnes âgées. 


Plus de la moitié des directeurs de niveau I


Venons-en à l'objet de l'étude : la qualification des directeurs. Le niveau I (bac + 5) est la règle pour 56 % d'entre eux. C'était le cas pour un tiers en 2005. Inversement, les directeurs ayant au plus bac +2 (niveaux III, IV ou V) qui représentaient près de la moitié des effectifs voici sept ans, n'en constituent plus que 15 %. Le secteur des personnes âgées se différencie une fois encore: la proportion des personnes en niveau I est de 50 % (contre 74 % pour les adultes handicapés). De façon assez logique, la proportion de directeurs diplômés diminue à mesure que leur âge avance. Chez les moins de 30 ans, elle est de 82 % alors qu'elle flirte avec la barre des 50 % pour les plus de 55 ans.


La formation continue privilégiée


Comme la pyramide des âges le laisse supposer (puisque elle n'est pas très jeune), l'amélioration de la qualification est surtout le fruit d'un effort de formation continue. Dans 56 % des cas, le diplôme a été obtenu par cette voie (contre 39 % par la formation initiale). Là encore, des différences se font sentir selon les secteurs : pour les personnes âgées, les deux voies (formation initiale et continue) sont à peu près équivalentes ; dans le handicap et la protection de l'enfance, la formation continue constitue une voie deux à quatre fois plus usitée. En termes d'intitulé du diplôme le plus élevé, la gestion et le management sortent clairement du lot (42 %), loin devant le social (17 %), le droit, l'économie ou les sciences politiques (13 %)... Cette spécialisation vient compléter deux fois sur trois une formation originelle dans le social ou médico-social : les diplômes de niveau III, le Cafdes et les masters sont le plus souvent cités.


Le statut des établissements n'est pas indifférent quant au niveau de qualification de ses directeurs. Le privé non lucratif (suivi de peu par le lucratif) est le plus exigeant à cet égard alors que la "territoriale" compte plus de directeurs de niveau II que de niveau I. A noter que 38 % des directeurs affirment avoir suivi une formation complémentaire non diplômante lors de leur premier poste, notamment en gestion/comptabilité, management, etc.


Un impact concret dans un cas sur quatre


Comment les directeurs jugent-ils l'impact de ce fameux décret de 2007 ? Un sur deux estime que celui-ci n'a eu d'incidence sur leur recrutement. On peut juger ce résultat paradoxal (au vu de l'élévation du niveau), mais celui-ci est obtenu essentiellement par les réponses de ceux qui n'ont pas le niveau I. Pour un directeur sur quatre, ce décret a impacté leur projet professionnel. Trois types d'incidences ont ainsi été relevées dans les réponses faites par les directeurs. Une grande majorité a vécu cela de façon plutôt positive, comme une opportunité de se lancer dans une formation, notamment le Cafdes - et d'obtenir un financement. Pour d'autres, le décret a été ressenti comme une injonction à se former. Témoignage : « Cela m'a obligé, à l'âge de 56 ans, à suivre une formation me conduisant sur les bancs de la fac en formation continue. Expérience très enrichissante mais très lourde durant deux années: du lundi au jeudi en poste et du vendredi au samedi en cours.» Pour les derniers, enfin, la volonté d'entrer en formation est handicapée par certains blocages, internes à la structure ou liés au flou de la législation. De façon plus générale, certains, sans nier l'intérêt des formations, s'interrogent sur l'évolution du métier : «Avec 37 ans d'expérience, j'observe que le métier devient de plus en plus difficile et s'éloigne des fondamentaux à savoir la proximité avec les résidents et les équipes.» 

Source : TSA
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